Climatiseur mural dans un salon français moderne avec femme détendue
Publié le 23 février 2026

Votre salon devient une fournaise dès le mois de juin. Vous avez repéré trois modèles de climatiseurs, mais impossible de savoir si 9000 ou 12000 BTU conviendront. Le vendeur vous pousse vers le plus cher. Soyons honnêtes : c’est exactement le scénario que je vois défiler chaque été. Selon une étude Hello Watt d’août 2025, 27,4 % des maisons françaises sont désormais climatisées, contre seulement 12,6 % des appartements. Cette différence s’explique notamment par les contraintes de copropriété et les erreurs de dimensionnement qui découragent les acquéreurs.

L’essentiel du dimensionnement en 30 secondes

  • Ratio de base : 100-130 W par m2 de salon
  • Exposition sud ou baies vitrées : majorez de 15-20%
  • Dernier étage ou combles : majorez de 10-15%
  • Salon ouvert sur cuisine : additionnez les surfaces

La règle des 100 watts par m2 : pourquoi elle ne suffit pas

Vous avez probablement lu quelque part qu’il faut compter 100 watts par mètre carré. C’est un point de départ. Rien de plus. D’après le guide tarifaire Garanka de février 2026, la puissance recommandée oscille entre 100 et 130 watts par m2. Cet écart de 30 % change tout : pour un salon de 25 m2, on passe de 2500 W à 3250 W, soit la différence entre un modèle 9000 BTU et un 12000 BTU.

Le problème ? Cette formule ignore votre situation réelle. Un salon plein sud avec une baie vitrée de 4 mètres ne se comporte pas comme une pièce orientée nord avec un seul vasistas. Les apports solaires peuvent doubler la charge thermique à refroidir. J’ai vu des clients équipés d’un 9000 BTU parfaitement heureux dans 30 m2 orientés nord, et d’autres avec le même appareil qui transpiraient dans 20 m2 exposés ouest.

Conversion BTU – kW pour y voir clair : 1 kW équivaut à environ 3400 BTU. Un modèle 9000 BTU développe donc 2,6 kW, un 12000 BTU atteint 3,5 kW, et un 18000 BTU délivre 5,3 kW.

Mon avis (qui n’engage que moi) : le vrai danger n’est pas le sous-dimensionnement. C’est le surdimensionnement. Un appareil trop puissant effectue des cycles courts répétés. Il atteint la température de consigne en quelques minutes, s’arrête, puis redémarre. Cette gymnastique use le compresseur prématurément et empêche une déshumidification correcte de l’air. Résultat : une sensation de froid humide désagréable et une facture d’entretien qui grimpe.

Quelle puissance pour votre salon ? Calcul en 3 étapes

Sur les chantiers que j’ai accompagnés ces dernières années, l’erreur la plus fréquente reste le sous-dimensionnement involontaire. Un salon de 35 m2 plein sud avec baies vitrées équipé d’un modèle 9000 BTU, c’est un appareil qui tourne en surrégime permanent. L’usure s’accélère. La facture énergétique grimpe de 25 à 35 % par rapport à un modèle correctement dimensionné. Ce constat vaut surtout pour les régions chaudes et les expositions sud ; il peut varier selon votre isolation.

Étape 1 : Mesurez la surface réelle à climatiser

Sortez votre mètre. Pas question de se fier au plan de vente de l’agence immobilière. Mesurez longueur et largeur de votre salon. Si votre pièce de vie est ouverte sur la cuisine, additionnez les deux surfaces. Un espace de 25 m2 + 10 m2 de cuisine américaine, c’est 35 m2 à rafraîchir. Oublier ce détail, c’est garantir un appareil insuffisant.

La mesure précise de la surface conditionne le choix de la bonne puissance



La hauteur sous plafond compte aussi. Au-delà de 2,70 m, le volume d’air à traiter augmente significativement. Un salon de 25 m2 avec 3 m de hauteur représente 75 m3 d’air, contre 62 m3 pour une hauteur standard de 2,50 m. Ça change la donne.

Étape 2 : Identifiez vos facteurs aggravants

Quatre paramètres font exploser vos besoins en puissance :

  • Exposition sud ou ouest : le soleil tape directement, surtout l’après-midi
  • Baies vitrées : effet de serre garanti sans protection solaire
  • Dernier étage ou combles : la chaleur monte et stagne sous le toit
  • Isolation médiocre : les murs transmettent la chaleur extérieure

Si vous cochez deux de ces cases, comptez 20 % de puissance supplémentaire. Trois cases cochées ? Visez 25 à 30 % de plus. Ce n’est pas de la théorie : c’est ce que j’observe sur le terrain à chaque visite technique.

Étape 3 : Appliquez les coefficients de majoration

Voici le récapitulatif qui vous permet de calculer la puissance adaptée à votre configuration. Pour les très grands salons ou les puissances supérieures à 18000 BTU, consultez les recommandations détaillées sur le dimensionnement d’un climatiseur 24000 BTU.

Puissance climatiseur selon surface et facteurs aggravants
Surface salon Base nord/est Exposition sud/ouest + Baies vitrées + Dernier étage
15-20 m2 7000 BTU 9000 BTU 9000-12000 BTU 12000 BTU
20-25 m2 9000 BTU 12000 BTU 12000 BTU 12000-14000 BTU
25-30 m2 12000 BTU 12000-14000 BTU 14000-18000 BTU 18000 BTU
30-40 m2 14000 BTU 18000 BTU 18000-24000 BTU 24000 BTU

Ces valeurs intègrent une marge de sécurité raisonnable. Franchement, je préfère un léger surdimensionnement de 10 % qu’un appareil qui peine en pleine canicule.

Salon standard, salon atypique : comment adapter votre choix

L’installation de l’unité extérieure nécessite souvent une autorisation en copropriété



Tous les salons ne rentrent pas dans les cases. Certaines configurations exigent une réflexion particulière. Les fabricants comme westpoint-group.com proposent des gammes avec différentes puissances, mais encore faut-il savoir laquelle correspond à votre situation précise.

Quel modèle pour votre salon ?

  • Salon compact (<20 m2) bien isolé, exposition nord/est :
    Un modèle 7000-9000 BTU suffit. Inutile de surcharger.
  • Salon moyen (20-30 m2) exposition modérée :
    Visez 9000-12000 BTU. C’est le cœur de gamme pour la plupart des appartements français.
  • Grand salon (>30 m2) ou exposition sud + baies vitrées :
    Passez directement à 12000-18000 BTU. Ne lésinez pas.
  • Salon ouvert sur cuisine ou dernier étage :
    Majorez systématiquement d’une catégorie par rapport au tableau standard.

J’ai accompagné Nathalie l’année dernière à Lyon. Son cas m’a marqué parce qu’il illustre parfaitement le piège classique.

Le cas de Nathalie : quand le premier devis était sous-dimensionné

J’ai accompagné Nathalie, 52 ans, secrétaire médicale propriétaire d’un T3 à Lyon. Son salon-séjour de 28 m2 ouvert sur cuisine américaine se situait au dernier étage, exposition ouest. Le premier devis qu’elle avait reçu proposait un 9000 BTU standard. Ça m’a fait tiquer immédiatement.

J’ai recommandé 12000 BTU minimum en tenant compte de l’ouverture cuisine (qui ajoutait 8 m2 effectifs) et du dernier étage (chaleur accumulée sous toiture). L’installateur initial n’avait pas intégré ces facteurs. Résultat après correction : installation d’un 12000 BTU classe A+++, consommation maîtrisée, température homogène entre le salon et la cuisine.

Si vous vivez en copropriété, attention au piège réglementaire. D’après la jurisprudence ENGIE Home Services de janvier 2026, l’installation d’une unité extérieure nécessite un vote en assemblée générale à la majorité de l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965. Sans cette autorisation, le syndic peut exiger le démontage jusqu’à 10 ans après la pose. Ne négligez pas cette étape administrative.

Les 5 questions à poser avant d’acheter

Avant de signer quoi que ce soit, posez ces questions à l’installateur. Si ses réponses restent floues, changez de prestataire.

Un bon dimensionnement garantit un fonctionnement silencieux et économique



Vos questions sur le choix d’un climatiseur mural

9000 BTU suffisent-ils pour un salon de 25 m2 ?

Ça dépend. Pour une exposition nord ou est avec une bonne isolation, oui. Pour une exposition sud avec baies vitrées, non. Comptez plutôt 12000 BTU dans ce cas. La surface seule ne dit pas tout.

Quelle différence entre BTU et kW ?

Le BTU est l’unité anglo-saxonne, le kW l’unité européenne. Pour convertir : divisez les BTU par 3400 pour obtenir les kW. Un 12000 BTU équivaut à 3,5 kW de puissance frigorifique.

Faut-il un climatiseur réversible pour le salon ?

Si votre chauffage principal est électrique ou insuffisant, le réversible devient intéressant. Sinon, un modèle froid seul coûte moins cher à l’achat. La différence de prix tourne autour de 200 à 400 €.

Comment savoir si mon climatiseur est surdimensionné ?

Observez les cycles. Si l’appareil atteint la température en moins de 10 minutes puis s’arrête fréquemment, il est probablement trop puissant. Un fonctionnement continu à régime modéré est préférable.

Quel niveau sonore pour un climatiseur salon ?

Visez moins de 40 dB(A) pour l’unité intérieure en fonctionnement normal. En mode nuit, les meilleurs modèles descendent sous 25 dB(A). Vérifiez ce point avant d’acheter, surtout si vous regardez la télévision dans ce salon.

Côté budget, selon le calcul de consommation de février 2026, un climatiseur consomme entre 1500 et 2500 watts par heure, soit 0,29 € à 0,49 € de l’heure au tarif réglementé. Sur une saison estivale, la différence entre un modèle A et un A+++ peut représenter 30 à 50 € d’économies. C’est à mettre en balance avec le surcoût à l’achat.

Pour aller plus loin dans la mise en service de votre équipement, consultez notre page dédiée à l’installation et dépannage climatisation.

Et maintenant ?

Votre plan d’action cette semaine



  • Mesurez précisément votre salon (longueur × largeur) et notez la hauteur sous plafond


  • Identifiez votre exposition (boussole smartphone) et comptez vos baies vitrées


  • Reportez-vous au tableau pour déterminer la puissance cible en BTU


  • Demandez trois devis en précisant cette puissance et votre configuration exacte

Plutôt que de vous fier à la recommandation du premier vendeur, posez-vous cette question : l’installateur a-t-il pris le temps de mesurer votre pièce et de vous interroger sur l’exposition ? Si la réponse est non, méfiez-vous. Un bon professionnel ne propose jamais un modèle sans avoir vu votre salon.

Rédigé par Lucas Bertin, spécialiste en climatisation et efficacité énergétique exerçant en bureau d'études indépendant depuis 2018. Basé en région PACA, il a accompagné plus de 200 particuliers dans le dimensionnement et le choix de leur équipement de climatisation. Son approche privilégie l'équilibre entre confort thermique et maîtrise de la consommation énergétique, avec une attention particulière aux spécificités régionales (ensoleillement, isolation des bâtiments méditerranéens).